Ce matin, je n’ai pas digéré
mon petit déjeuner. Cette nouvelle n’est, certes, pas capitale.
En fait, j’ai de plus en plus
souvent la nausée de bon matin et cela n’a rien à voir avec un œsophage
récalcitrrant, un estomac défaillant ou un foie cirrhosant.
Mon diagnostic est le
suivant : ce malaise provient de la radio. Pas des ondes malignes qui me
traverseraient le corps de part en part, mais des infos transmises qui
m’atteignent le cerveau.
A peu près comme tout le
monde, j’ai toujours écouté l’information du matin en prenant mon premier café,
en me douchant, en prenant mon 2° café, en me rasant, en prenant
mon3°café…..
Mais la vie quotidienne, le
boulot, la famille, les tracas séculiers occupaient mon espace réflexif et les
informations transmises étaient vite absorbées et occultées.
Le résultat ressemblait à la
publicité actuelle pour le Journal du Dimanche « Le Président de la république
…a couru le 100m…habillé d’un burkini...a voulu échapper à un contrôle de
police… et a sauvé 2 balles pendant les prolongations…. »
J’étais informé. Sans plus.
Juste de quoi pouvoir en discuter autour de la machine à café…
Aujourd’hui, toutes les
barrières institutionnelles à la libre réflexion étant tombées,
je prends le temps de
pratiquer une nouvelle culture informationnelle. J’écoute plusieurs médias,
j’entends derrière les mots, je suis concerné, je réagis.
Cela commence généralement
avec les infos de 6h30 sur Europe1, puis celles de France Info, un peu
d’économie avec BFM, un tour sur Musique Classique qui a un ton différent,
passage par Inter qui a encore des rubriques qualifiables de service public….
et, ainsi de suite…..
Et, de plus en plus souvent,
j’ai la nausée.