Je ne suis pas un spécialiste de la philosophie et des exposés quelque peu ésotériques peuvent m’emmener vers de douces somnolences pour peu que le fauteuil soit à la hauteur de la situation.
Il y a peu de temps, j’assistais à une conférence sur « le sens de la vie » ; passé un certain âge, voilà un sujet qui peut retenir l’attention.
L’orateur expliqua que le thème était vaste, les idées nombreuses et qu’il allait s’en tenir à Camus et les Stoïciens. Pourquoi pas ?
En résumé, j’ai retenu que « cultiver son jardin » n’était pas suffisant, que dans le mythe de Sisyphe, Camus qualifie Sisyphe d'ultime héros absurde ; Il y établit pourquoi la vie, malgré l'absurdité du destin, vaut la peine d'être vécue. J’ai commencé à perdre pied avec Démocrite et l’ataraxie, qui, comme chacun sait, ne peut exister que liée à l’aponie. J’ai définitivement calé quand je me suis laissé dire que les Stoïciens divisaient les choses en existant et subsistant et que le « quelque chose » de Sénèque avait pour contraire les « non-quelques-choses ».
Je me suis, alors, attaché à comptabiliser combien de fois l’orateur employait le terme « contingent ». Rappelons que la contingence est le fait de ne pas être nécessaire tout en pouvant être déterminé et que ce n'est pas une négation de la causalité. Autrement dit, contingent s’oppose à nécessaire, sachant, bien évidemment, que la nécessité, est ce qui ne peut pas ne pas être.
