LES BONIMENTEURS DE LA CONFIANCE
Par Mary Mailto le vendredi 13 mars 2009, 17:34 - Une société durable? - Lien permanent
Le problème de cette crise, c’est celui de la confiance !
Pour redémarrer l’économie, il faut retrouver la confiance !
Que n’ai-je entendu ce mot « confiance » ; de la part des experts, des économistes, des politiques …et derrière ces phrases, j’entends « Ayez peur, mais faites nous confiance, on s’occupe du reste… ».
Ils en arriveraient à me culpabiliser ; ce cataclysme serait dû à mon absence de confiance ; je me sens quasiment responsable de la crise …
Mais, évidemment, chacun sait que la confiance ne se décrète pas.
C’est la recherche, puis l'analyse de preuves qui peut renforcer la confiance ou au contraire créer la méfiance.
Moi, je ne demande pas mieux que de faire confiance ; mais confiance en qui ? en quoi ? quels signes me donne-t-on ?
Confiance en nos experts – économistes ?
Je n’imaginais pas que tant d’économistes avaient prévu la crise ! combien d’entre eux, affirment dans les médias qu’ils savaient, avaient prévu cela depuis longtemps, que le monde ne pouvait pas vivre plus longtemps à crédit ….
Ils ne manquent pas d’air !cherchez bien dans les journaux d’il y a 2 ans ; quelques uns, et seulement quelques uns, politiquement incorrects, émettaient des réserves sur la croissance à tout prix.
Ce sont, donc, ceux qui n’ont rien vu venir qui, aujourd’hui, sans aucune humilité, continuent à pérorer et à nous prédire l’avenir, et à nous dire ce qu’il faut faire pour sortir de la crise , retrouver croissance et emploi….et, ils voudraient qu’on leur donne notre confiance ! OK, mais pas plus qu’à Mme Irma.
Confiance en nos politiques ?
Manifestement, ils n’avaient pas Elisabeth Tessier dans leurs relations car, centrer une campagne sur le pouvoir d’achat, le travail supplémentaire, le capitalisme à l’anglo-saxonne quelques mois seulement avant l’effondrement est fâcheux pour la crédibilité.
N’oubliez pas cette prédiction de C Lagarde juste avant le crise : « Les tensions sur les marchés n’hypothéqueront pas la croissance »
Confiance en nos « méga - entrepreneurs » ?
Nos prévisionnistes de l’industrie automobile se sont acharnés à ne pas croire au moteur hybride, électrique ou utilisant une énergie verte. Pourtant de nombreux prototypes existent.
Ou c’est une faute professionnelle, ou c’est une manipulation à fin capitalistique.
Et maintenant, nous, citoyens, devons les financer pour continuer à avoir le droit de travailler !
Que quelqu’un m’explique ce qui s’est vraiment passé lors du yoyo du prix du pétrole. C’est quand même extraordinaire ( sic) que des spécialistes reconnaissent que la construction des prix en la matière, n’est pas transparente. Et, prenons garde, c’est, à nouveau en train de bouger !
Banquiers, hommes d’affaires …il y avait un temps où étaient associés plan social et augmentation du titre en bourse ; il faut désormais rajouter mauvaise gestion mais bonus ! Les bonus des uns font le malus des autres.
Il suffirait pourtant de quelques signes pour que la confiance puisse revenir :
- La fin (réelle et vérifiable ) des paradis fiscaux (que dira, fera, le G20 ?)
- Une véritable politique économique et sociale de l’Europe
- Pourquoi Total ne participerait pas au renflouage de l’industrie automobile
( après avoir payé pour AZF ou l’échouage de pétroliers))
- Pourquoi nos représentants élus ne participeraient pas au salut public en baissant leur rémunération ou indemnités ( alors que l’on entend encore parler de double emploi , ou d’augmentation, ou de voyages inconsidérés…)
- Pourquoi ne pas aller plus loin qu’une charte de bonne conduite concernant les hauts revenus ( l’expérience prouvant qu’en la matière la dignité n’est pas de mise)…
- Pourquoi pas une tranche fiscale à 90% au-delà de certains revenus ?
- Pourquoi pas une pause pour le bouclier fiscal ?
- Pourquoi ne pas légiférer en ce qui concerne les stocks options ?.....
J’ai bien conscience qu’il s’agit là de signaux n’ayant pas, pour certains, d’influence économique véritable et significative.
Mais ils permettraient de croire au partage, à la solidarité, là où, aujourd’hui, prévaut le cynisme.
Dans une chronique récente des Echos (où on va papa ?), Favilla écrivait :
«Au cours des années 1930, la montée du fascisme en Europe avait été en partie nourrie par la défaillance du discours des autorités publiques. Les populations ouvrières s'étaient senties non seulement jetées à la rue mais abandonnées par les élites au pouvoir.
La crise a donc eu une composante politique autonome par rapport à sa composante économique.
Les peuples auront besoin qu'on leur parle, qu'on leur explique quel chemin on emprunte, quel horizon se prépare et quelle solidarité on leur offre »
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« La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde"
Mary Mail to et Paul Valery