Les bandes annonces du film  « il y a longtemps que je t’aime » ; n’avaient  guère éveillé mon attention et

pourtant, je suis resté anéanti dans mon fauteuil ; signe qui ne trompe pas : à la fin du film, pas un commentaire, personne ne bouge, on n’a pas envie de retrouver sa propre réalité, on n’a pas envie de se réveiller.

Il faut dire que le dernier plan dans lequel  Kristin Scott Thomas murmure à sa sœur «  je suis là », soit un regard et 3 mots, raconte une vie, des vies, la force des femmes, leur capacité à rayonner, se reconstruire et à renaître.

Quel talent pour jouer et filmer cet instant magique, ce regard d’éternité.

 

Le lendemain, autre femme, autre choc.

Quand démarre « la journée de la jupe », on s’intéresse d’abord au physique d’Isabelle Adjani ( le temps de l’été meurtrier est assez loin !) puis le brouillage ( gesticulations, paroles peu audibles, peu compréhensibles, jurons…)  fait par les élèves difficiles (euphémisme) est de nature à nous faire fuir.

 

Et Adjani s’empare de la classe, de la scène, de ma vie.

Je reprends quelques mots de l’accroche du film :

« Sonia Bergerac est prof de français dans un collège difficile

Vient en jupe bien que le professeur le lui déconseille

N’en peut plus de se faire traiter de pute

Voudrait seulement faire son cours

A peur »

Isabelle Adjani y est tout en névroses et en fragilité. Comme on l’aime.

Et comme on aime également la réplique :

Une jeune élève Beur découvre que la prof est aussi d’origine arabe et lui lance :

-         Mais, madame vous êtes…

Volte face et visage courroucé, tendu, exaspéré de la prof-Adjani :

-         J’apprends le français

Tout est dit. Certes, tous les poncifs du genre se retrouvent dans le film, ce qui lui donne une sorte de synthèse des difficulyés d’enseigner dans certains établissements.

Mais j’ai plus appris en un film qu’en 5 ans d’informations.

Et, rien que pour Adjani, voilà un instant qui explique la vie.