DEUX INSTANTS DE CINEMA
Par Mary Mailto le mercredi 25 mars 2009, 10:36 - Les instants du temps - Lien permanent
En règle générale, je regarde plutôt les films policiers ou les thrillers ( c'est-à-dire un policier avec plus de sang, plus d’action , plus de sexe et moins de déductions logiques…), ou le foot.
Le hasard , ou un commentaire intrigant, m’a entraîné devant « Il y a longtemps que je t’aime » et le lendemain devant « la journée de la jupe ».
Il y a donc une vraie vie après Harry, jack, Dexter ou Nicolas ( Anelka !).
Une vie avec de l’émotion, des sentiments, de la fierté, du sens ….
Les bandes annonces du film « il y a longtemps que je t’aime » ; n’avaient guère éveillé mon attention et
pourtant, je suis resté anéanti dans mon fauteuil ; signe qui ne trompe pas : à la fin du film, pas un commentaire, personne ne bouge, on n’a pas envie de retrouver sa propre réalité, on n’a pas envie de se réveiller.
Il faut dire que le dernier plan dans lequel Kristin Scott Thomas murmure à sa sœur « je suis là », soit un regard et 3 mots, raconte une vie, des vies, la force des femmes, leur capacité à rayonner, se reconstruire et à renaître.
Quel talent pour jouer et filmer cet instant magique, ce regard d’éternité.
Le lendemain, autre femme, autre choc.
Quand démarre « la journée de la jupe », on s’intéresse d’abord au physique d’Isabelle Adjani ( le temps de l’été meurtrier est assez loin !) puis le brouillage ( gesticulations, paroles peu audibles, peu compréhensibles, jurons…) fait par les élèves difficiles (euphémisme) est de nature à nous faire fuir.
Et Adjani s’empare de la classe, de la scène, de ma vie.
Je reprends quelques mots de l’accroche du film :
« Sonia Bergerac est prof de français dans un collège difficile
Vient en jupe bien que le professeur le lui déconseille
N’en peut plus de se faire traiter de pute
Voudrait seulement faire son cours
A peur »
Isabelle Adjani y est tout en névroses et en fragilité. Comme on l’aime.
Et comme on aime également la réplique :
Une jeune élève Beur découvre que la prof est aussi d’origine arabe et lui lance :
- Mais, madame vous êtes…
Volte face et visage courroucé, tendu, exaspéré de la prof-Adjani :
- J’apprends le français
Tout est dit. Certes, tous les poncifs du genre se retrouvent dans le film, ce qui lui donne une sorte de synthèse des difficulyés d’enseigner dans certains établissements.
Mais j’ai plus appris en un film qu’en 5 ans d’informations.
Et, rien que pour Adjani, voilà un instant qui explique la vie.