Pour ma part, croyez moi, je n’ai pas tué ce temps, je l’ai, juste, perdu. Porté disparu !

 

Je m’étais, pourtant, levé de bonne heure et de bonne humeur.

Mais çà n’a pas eu l’heur de plaire au temps.

Non, il ne faisait pas mauvais temps, c’était même le Printemps ; je parle du temps qui passe, qui est déjà passé, qui ne reviendra plus, qui est compté ; et, bêtement j’ai réussi à en perdre.

 

Heureusement que mon heure n’était pas venue ; sinon, je serais parti ; sans laisser de trace.

 

Je sais qu’il ne faut pas trop s’en faire, désespérer,  et que ce n’est jamais qu’une question d’heure ; on m’a dit souvent «  tu le feras lors de tes heures perdues », ce qui sous entendrait qu’elles sont stockées quelque part, épargnées, peut être valorisées, avec des minutes en plus…

Néanmoins, je sais aussi qu’avec le temps tout s'évanouit ; qu’avec le temps, va, tout s'en va.

Alors, j’aimerais savoir ce que j’ai perdu ; Même s’il n’y en n’a pas pour les braves, je prétends que l’heure c’est l’heure ; alors, c’était laquelle :la bonne ? celle qui est grave ? celle du repentir ? je sais simplement que ce n’était pas la dernière.

C’était peut être l’heure seulement, l’heure où quelquefois, l’heure durant laquelle j’aurais pu être beau, beau, beau et con à la fois.

 

Finalement,

Qui l’eût cru, qui l’eût dit

Que cette heure fut si proche et sitôt se perdît.