A fond la forme!
Par Mary Mailto le mercredi 27 mai 2009, 10:44 - Les instants du temps - Lien permanent
La période mai-juin est extrêmement difficile à vivre pour un sportif, même bien entraîné.
Après un début d’année peu chargé qui permet simplement de se maintenir en condition, les retransmissions sportives se multiplient dès la mi-mai et leur intensité devient extrême jusqu’à la mi-juin.
Il faut, en effet, jongler avec l’agenda pour ne pas rater les demi finales et finale de la Champion’s League, les duplex concernant les fins de championnat en Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne et France, les derniers matchs de Ligue 2 ,le Giro,Roland Garros ,le Top 14 et la finale entre Leicester et Leinster, la Formule1……
Si l’entraînement n’a pas été suffisant en début de saison, on risque le claquage tous les week-ends. Si vous ne me croyez pas, je vous décline ci-après les cadences folles d’un samedi ou dimanche ordinaire de début juin.
Vers 11h , il faut commencer le zapping entre TF1 , canal et Eurosport pour vérifier les résultats et méditer les commentaires de nos experts. Il ne faut as oublier, de passer sur FTV pour un léger regard sur les premiers échanges à Roland Garros ( à ce stade, c’est surtout pour l’élégance vestimentaire des joueurs et joueuses et ne pas rater Mauresmo, sinon, dès le 2° jour c’est trop tard).
L’organisation doit être irréprochable, il est indispensable, par exemple, de caler l’apéro et le repas entre 12h30 et 13h30 car il ne peut s’envisager de rater le départ du Grand Prix de Monaco.
Après 4 à 5 tours de circuit, à un moment où la course se stabilise et que la potentialité d’accident diminue, il faut vite intervenir sur Canal sport et Sport +.
C’est là que l’on trouve les matches de foot anglais ou italiens. En général, il ne s’agit pas des meilleures équipes à cette heure là, il faut donc continuer le zapping.
Retourner voir où en est la F1 ( les premiers ravitaillements) , vérifier Roland Garros
( attention, sur FTV et Eurosports, ce ne sont pas toujours les mêmes matchs et les débutants commettent souvent l’erreur).
Il est 15h. il faut se rafraîchir , ne pas oublier de s’hydrater. Une bière légère fait l’affaire. Aller vers le frigo, manipuler l’ouvre bouteilles, permet également de détendre les muscles fessiers et les reins que le fauteuil a tendance à ankyloser
( importance du matériel à ne pas négliger).
16h/16h30 ; Commencent, alors, les grosse difficultés techniques.
Le Grand prix de Monaco touche à sa fin ; il y a grande habileté à retrouver qui est en tête de course alors que le sportif accompli doit aussi zapper en permanence
de TF1 vers le tennis sur FTV , puis, il faut atteindre le Top 14 sur Canal+
( ces 2 manœuvres restent aisées en raison de la proximité des touches sur la zapette) , mais, il faut ensuite descendre sur la touche 11 ( donc, double contact) pour surveiller les buts d’un match du Big Four anglais ( dans ce cas, la technique et tactique deviennent primordiales ; au son, il faut tout de suite comprendre s’il y a eu goal ou non et, selon, le cas, attendre ou non le ralenti…).
L’exercice devient encore plus périlleux quand il faut jongler avec la touche 71( les 2 mains doivent être mises en jeu) pour atteindre Eurosport et le Giro ( la également, il faut faire preuve de maturité tactique et cette action n’est pas conseillée aux débutants ; en 10 secondes, il faut savoir si on se trouve dans une phase intéressante comme les 5 derniers kilomètres ou une attaque dans un col ou s’il s’agit encore du moutonnement régulier du peloton ).
Etant sur la touche 71, une légère impulsion vers la 70 ou les 72 et 73 autorise un court visionnage de Sport+, l’Equipe et Infosport.
C’est un moment délicat qu’il convient de gérer selon sa capacité physique , son entraînement et son état de fatigue après 3h de suivi rigoureux et les premiers signes d’abattement dûs au couscous et au rosé du midi.
Il peut s’ensuivre des troubles de compréhension visuelle, des états de confusion lors des passages rapides d’une chaîne à l’autre ( exemple typique : regarder une rediffusion d’un match des années 90 en pensant que c’est du direct ; rester en tétanie devant un parcours de golf car les doigts ne réagissent plus …)
Lors de ce passage difficile, tactiquement, il m’arrive d’ignorer délibérément une arrivée du Tour d’Italie, le tennis et même 1 ou 2 buts , y compris d’Arsenal.
Quelquefois aussi, il faut reconnaître que ces impasses ne sont pas toujours tactiques et que les compétitions sont faites de moments forts mais aussi de moments faibles qu’il faut savoir gérer.
Au sortir de cette épreuve- vers 17h – il convient de savoir durer, en s’économisant car la soirée n’est plus très loin avec tout ce qu’elle représente comme efforts à venir.
C’est le moment de penser au risque de fringale. Les nutriments habituels à cette occasion sont la tranche de pain avec terrine, rondelles de saucisson, Knack , bière blonde , si possible d’abbaye .
On peut comme cela se requinquer tout en surveillant son 8° match visionné de l’après midi avec incursions sur Stade2 .
Je connais quelques fondus sur-entraînés et, sans doute, dopés à la red Bull qui profitent de ce moment pour surfer sur Internet à la recherche de quelques commentaires « à chaud » avec dégustation de cacahuètes.
Je le déconseille vivement car les gestes et postures deviennent soudainement plus brutaux et peuvent entraîner des troubles musculo-squelettiques.
Il me semble que l’apéro – donc, également, les cacahuètes – peut se prendre sans changer son mouvement dit d’ « alanguissement progressif », un coude sur le bras du fauteuil, les pieds calés sur une chaufferette, un coussin soutenant la nuque et les reins. C’est sans doute la position de recherche léthargique la plus performante d’après les essais en soufflerie.
20h ; Grand moment : la préparation à l’épreuve du soir.
Causerie d’avant match pour éloigner son entourage vers d’autres écrans.
Vérification du matériel : remise en état des coussins, alignement des canettes à proximité immédiate, hot dogs à volonté.
Derniers massages du dos et des reins. Assouplissement de la vessie.
20h15 ; on peut entrer dans l’atmosphère du match en jouant entre les 2 zapettes, télé et radio et ainsi entendre ( ce n’est pas la peine de monter le son) l’animateur hurler les compositions d’équipe. Pour professionnels entraînés, cette méthode est également utilisable en cours de match. Il faut toutefois se méfier car les alertes sonores de la radio peuvent entraîner une regrettable erreur d’interversion entre l’une des zapettes et le hot dog.
Cette période entre 21h et 23h exige des compétences différentes ; ce n’est plus la rapidité et la technicité manuelles dans le maniement des zapettes qui comptent mais l’anticipation et le placement entre 3 épreuves sur lesquelles il faut se concentrer.
Vers 23h, quand la messe est dite, il faut progressivement revenir à la vie sociale ; réparer les accidents de terrain ( coussins éparpillés, miettes..), vérifier que le stade est désert autour de soi, apaiser sa vessie ( impossible à la mi-temps en raison des interviews exceptionnels), étancher sa soif par une dernière canette de bière brune.
2 solutions sont alors envisageables ; certains , après la douche et le vestiaire vont directement se reposer car, le lendemain, , il faudra être à nouveau en forme dès 11H pour Roland Garros. D’autres pratiquent un léger décrassage entre 23 et 24h en restant sur une seule chaîne et en revoyant une synthèse de ce qu’ils ont vu l’après midi.
La saison est longue et il faut faire preuve d’un maximum d’endurance; il est difficile de maintenir la pression.
Beaucoup craquent en juillet et se contentent de rejoindre le Tour de France à l’Alpe d’Huez ou dans les Pyrénées.
D’autres, mal entourés, finissent seuls la saison dans une maison désertée par les autres occupants partis faire la holà, ailleurs………
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« Le sportif intelligent évite l’effort inutile »
« Levez, baissez, levez, baissez... Allez maintenant on fait l'autre doigt. »