Je suis vert, tu es vert, il est vert, nous sommes, tous, verts….
Par Mary Mailto le vendredi 19 juin 2009, 18:59 - Une société durable? - Lien permanent
En ce qui concerne le tri sélectif, ce qui marche le mieux, c’est la récupération du vert.
La vertitude est, plus que jamais à le mode, c’est la surenchère permanente; s’il y avait une action verte, elle nous remettrait le CAC 40 vers les 5000 points.
Saint Etienne gagnera le prochain championnat de Ligue1 ; sinon les autres clubs auront droit à la taxe carbone pour atteinte au développement durable du foot-bizness.
Trop, c’est trop ! Un vert, çà va….
J’aimerais entendre des voix discordantes pour mieux discerner le vrai vert du
vert de circonstance. Pourvu que Sarko, après avoir pratiqué l’ouverture vers les socialistes, continue à jouer la différence avec Allègre – d’accord, là, je déconne !
C’est le Dany Boom, la pandémie force 6….
J’ai été achevé quand j’ai entendu l’interview de Laurence Parisot , la grande prêtresse du Medef :
-Elkabbach : vous portez une broche en forme de papillon ( sérieusement, ons’en fiche ! mais, c’est que le coup était préparé…)
-Parisot : oui ; un papillon vert ; car je milite pour la biodiversité depuis longtemps et j’engage les entreprises à s’investir dans le durable..blablabla…blablabla….
Je rêve.
A propos d’écologie politique, Mme Parisot, où en est le Comité des Sages et la rémunération des grands patrons et la valise de l’UIMM ?
Dieu merci, il existe encore des philosophes qui peuvent nous réconcilier avec le genre humain et nous redonner espoir.
La veille, j’avais pu entendre André Comte-Sponville et Luc Ferry nous donner leur avis sur « l’économie, l’entrepris ou/et l’entrepreneur, la crise, la morale ».
Enfin, du recul, une mise en perspective, une fraîcheur de pensée, un refus des idées toutes faites, à la mode et, surtout, un regard distancié, non racoleur, et un rappel de quelques vérités :
« L’entreprise est a-morale.
La morale ne peut rien pour l’économie.
Le capitalisme fonctionne à l’égoïsme ( donc, il continuera à fonctionner, car c’est l’attitude spontanée des individus).
La crise : une auto-régulation non sociale.
Pour entrer dans la société de consommation ( base de la croissance selon l’économie actuelle), il a fallu déstructurer les valeurs.
En économie, il faut, sans cesse innover et avancer, mais, vers où ?.... »
Cela change du discours ambiant et des banalités de Mme Parisot.
Il faudra qu’elle mette plus de conviction dans ses discours ; j’en veux pour preuve
un sondage récent parmi les patrons de PME indiquant que la plupart refuseraient de prendre des mesures en faveur du développement durable si celles-ci devaient amoindrir leurs résultats. Evidemment, l’entreprise est a-morale.
Le développement de l’industrie des panneaux photovoltaïques est une affaire de sauvetage de la planète ou un bizness ? green, certes, mais bizness.
Qu’on ne se méprenne pas ; je trie mes déchets, je ferme le robinet quand je me lave les dents, j’utilise les transports en commun, je mange les fruits et légumes de saison, je diminue mes rations de viande ( surtout à cause d’un éventuel cholestérol !).
Mais, dans le même temps, je n’apprécie pas tous ces récupérateurs politiquement corrects, ces suiveurs attentifs à leur pouvoir, ces gestionnaires sans projet qui prétendent préparer l’avenir de la société.
Mais, dans le même temps, je ne peux m’empêcher de penser que la Chine et les USA représentent 40% des émissions de CO2.
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« Plus un mot est à la mode, moins ce qu’il recouvre est à la mode »
Mary Mailto et Charles Péguy