Dès potiron minou je fonce vers les Champs Elysées.

J’ai mis quelques sous sur la rigueur martiale et conquérante – quoique otanisée - de nos forces armées  et je trouve qu’elles ont beaucoup de panache et un sens réel de l’esthétique quand elles paradent. L’ONU pourrait, d’ailleurs,  proposer que les conflits se résolvent par des concours de parades militaires ; une espèce d’inter-nations retransmise par toutes les télés du monde et je pense que notre légion étrangère  serait sur le podium.

Je m’égare ; dès 9 heures, j’étais, donc,  à pied d’œuvre sur les Champs derrière 5 rangs d’autres investisseurs aussi soucieux que moi du rendement attendu.

Je n’ai quasiment vu que le défilé aérien.

Heureusement, il faisait un temps magnifique, un ciel bleu et la rumeur prête à Sarko ce constat d’une terrible évidence « c’est pas pour me vanter, mais il fait beau ! ».

 

 

Vers 13h je suis allé récupérer quelques miettes de ce que j’avais placé en frais de bouche. Ils appellent cela, une garden party. Raté. Il fallait sans doute réserver car je fus  éconduit sous prétexte que c’était privé, sur invitation…de toute façon, je n’étais pas sûr d’apprécier l’ambiance et le repas ; je n’avais pas senti la délicate odeur du barbecue et des merguez ; cela respirait plutôt la monarchie et ses courtisans aussi décatis qu’empressés.

J’espère que je n’ai pas trop misé sur ce coup.

 

Qu’à cela ne tienne, il me restait, le picnic républicain dans les jardins de Versailles.

Vous avez bien lu ; monarchique à l’Elysée et  républicain à Versailles…le monde à l’envers. Certes il fallait apporter son casse croûte ! mais l’entrée dans les jardins était gratuite. Formidable, ce n’est pas si fréquent. C’est même unique dans l’année ; faut pas  rater !

Investissement fiscal réussi ; quelques euros pour la Culture et, en compensation, le droit de m’allonger dans l’herbe royale en mastiquant mon sandwich-saucisson. Quel pied.

En outre, la simplicité de ce déjeuner naturaliste entraîne la facilité des échanges et l’envie de partage. C’est ainsi que j’ai proposé un morceau d’andouillette à mes voisins de droite ( pas de voisin de gauche à Versailles), un charmant couple , Charles de Bragémont de la Ferrière et Mathilde de la Bresse –Migeon, accompagnés de leurs adorables enfants : Charles-Médéric et Charlotte-Antoinette.

Des gens polis qui ont gentiment décliné mon offre et refusé mon andouillette.

 

Mais je n’avais pas fini avec la Culture. Sarko  - c’est mon trader- avait misé un bon paquet sur Jonnhy. En fait, je ne sais pas trop combien ; l’emprunt était de 500 000 euros ? 1000 000 ? Seule certitude, il était défiscalisé. J’ai donc pu tranquillement, au milieu de 800000 autres investisseurs avisés et avinés jouir pleinement de mon concert. J’ai surtout profité des basses qui me remuaient au plus profond de moi-même. Mais, c’était bien.

 

Cette journée fut globalement réussie ; mon judicieux placement m’avait donné de bien belles compensations. Le retour sur investissement fiscal était intéressant.

 

Vous me direz qu’il pourrait y avoir un autre usage plus collectif, plus citoyen de la manne plébéienne. Certes, l’armée a rejeté dans l’atmosphère ( sous l’œil impavide de Borloo de Grenelle)  plus de CO2 que je n’en rejetterais dans ma vie. Certes le changement a peu touché l’élitiste garden party . Certes, le château du roi Soleil rejoint progressivement Disneyland. Certes,  on peut trouver saumâtre que l’état paye un cachet important ( bien plus élevé que les cachets habituels) à un profiteur éhonté du paradis fiscal helvétique.

 

Mais, pendant une belle journée, j’ai oublié que j’avais « travaillé plus » pour améliorer le pouvoir de dépense de l’état. Et que ce sera à la saint Glin Glin que  nos enfants  commenceront à travailler pour leur compte.

 

Puisque c’est le temps des vacances, je vous fais une confidence : je pars, demain, au Club Med surveiller comment Nanard utilise le don que je lui ai fait.

 

 

 

 

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« C’est au moment de payer ses impôts qu’on s’aperçoit qu’on n’a pas les moyens de s’offrir l’argent que l’on gagne »

 

Mary Mailto et Frédéric Dard ( les pensées de San Antonio)