Les banques américaines affichent, de façon aussi inattendue que suspecte, de très bons résultats.

Forte d’un profit trimestriel de 3.5 milliards de dollars,Goldman Sachs, peut se permettre d’engranger pour les six premiers mois de 2009 plus de 11 milliards de dollars. Goldman Sachs  en profite pour rembourser par anticipation le Trésor américain de l'aide fédérale d'urgence. Ce n'est pas pour soulager le budget de l'Etat. Ce n'est pas davantage par esprit civique ( MDR) . La banque veut  quitter ainsi la tutelle fédérale, qui leur impose modération salariale et pénitence sur les notes de frais. La firme veut avoir la paix pour rémunérer ses dirigeants comme elle l'entend, et remettre en marche la machine à faire des bêtises au plus vite.

Goldman n’est pas la seule banque concernée. JP Morgan a vu son cours en bourse  augmenter de 62% sur les six derniers mois ; il faut savoir – mais, il n’y a évidemment aucun rapport - que son patron Jamie Dimon a ses entrées au sommet de l’équipe d’Obama.

Comme le dit  un blog des Echos , quelques banques New-Yorkaises n’auraient elles pas  réussi une sorte de gigantesque hold-up  sur le contribuable américain? Certains commentateurs parlent même de capture quasi-mafieuse des autorités politiques par ces banques !

La City va beaucoup mieux également. Merci. Les traders surpayés sont de retour.

Le prix Nobel d’économie Paul Krugman voit dans les profits des banques la preuve éclatante que le système n’a pas été réformé d’un pouce.

Où en est la régulation annoncée par le G20 ?  Total a-t-il mieux partagé ses bénéfices ? En dépit du froncement de sourcils de Lagarde, les bonus pérennisés, hors de tout résultat positif, ont-ils disparu ?; les sociétés françaises ont-elles fermé leur filiale aux Caïmans, à Singapour ? Andorre et Monaco (en dépit du lancement annoncé d’une  campagne de pub visant à rendre la virginité à la principauté et à nourrir quelque cabinet ami)  sont elles devenues immaculées ?

Il y a, certes, une évolution remarquable. Le libéralisme se teinte de « vert-mode » en espérant que l’on va oublier qu’il reste, fondamentalement,  un capitalisme financier. Car le but de l’économie d’après crise consiste, comma auparavant, non pas à créer des richesses mais à exploiter le système, de jouer au profit maximal dans le temps le plus court.

Quand nos dirigeants, qui savent que  ce système est épuisé, auront-ils le courage d’affronter le diktat des groupes privés internationaux?; compliqué , évidemment, car ce sont aussi leurs bailleurs de fonds. Un geste exemplaire redonnerait, pourtant, croyance en ces élites ; M Rocard qui s’est investi pour la taxe carbone ( ce qui va refroidir les « vert-pâle » ) pourrait se pencher sur une taxe concernant les transactions financières au bénéfice des 13% de français qui se situent sous le seuil de pauvreté  …

Pour l’instant, G2, G8, G20 reconduisent le modèle de la mondialisation libérale ; c'est-à-dire  le pouvoir des fonds plus ou moins transparents, l'inégalité dans la distribution des richesses, la production basée sur la concurrence salariale, la prévalence financière.

En maintenant ce modèle, il n’ y a aucune raison de ne pas rétablir le cycle allant de « bulles en « crises » ; or, les marges de manœuvre des états sont dégradées  et la dernière bulle risque d’être celle des finances publiques ( voir la déconfiture californienne). C'est-à-dire notre  porte-monnaie en lambeaux!  des licenciements encore en hausse, du chômage saturant un peu plus le pôle emploi, la dépression ou  l’inflation, des conflits sociaux… ou pire.

Dans ce contexte de mépris affiché par l’establishment, de cette morgue  éhontée, je fais plus que comprendre les actions violentes des salariés qui voient disparaître les emplois suite à des décisions obscures, suspectes, venues d’ailleurs, prise par des virtualités non identifiables. Il n’est plus suffisant de leur opposer  l’énarque discours  « je comprends mais je ne peux accepter l’atteinte à  l’ordre républicain ». Les plus violents ne sont ils pas Goldman Sachs, la City, les fonds de pension ou souverains … et leurs vassaux politiciens !

Il existe un moment où la dignité ne se contentera plus  de négociations foireuses et de consensus mou sur un chiffre plus ou moins important d’indemnités de licenciement. 

La crise a été jusqu'ici une affaire d'économistes soi-disant experts  et de politiques. Le peuple fera-t-il  irruption dans ce débat  où se règle son sort ? fera-t-il entendre ses priorités – comme il le fit en d’autres temps – et provoquera-t-il un changement plus radical ? Car, se pose la question d'un autre mode de développement, mesuré par d'autres indicateurs, basé sur d'autres principes.

Il faut espérer que ce changement inéluctable se fera  par voie démocratique. On peut en douter.

 

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« Il faut savoir imaginer un avenir différent et pas seulement penser aller un peu plus loin dans la même direction. »

Mary Mailto et anonyme