Attention ! Un Nanard peut en cacher un autre
Par Mary Mailto le mercredi 29 juillet 2009, 21:13 - L'incertitude du doute - Lien permanent
Un groupe qui, depuis cinq ans se préoccupe de reprise de sociétés en difficultés.
Un groupe qui, depuis quelques mois, se retrouve dans les affaires d’entreprises à récupérer, à redresser avec quelques licenciements à la clé puis à revendre – sans doute. Il est vrai que compte tenu de la crise, n’y a que l’embarras du choix si on a quelques capitaux ou, même sans capitaux et sans projet industriel.
Nanard a encore frappé ! pas du tout, la clonerie est de ce monde.
Il s’agit de « bernard Krief Consulting », officine entrepreneuriale de « bernard Krief consultant ».
Le conseilleur est devenu acteur et, peut être, aussi payeur.
Halte là ! ne pas aller trop vite ! ne pas désigner à la vindicte et de façon arbitraire d’honorables capitaines d’industrie qui sauvent nos emplois.
Ne pas faire grief à Krief sans étudier le dossier.
En 2003, l'entreprise s'est essayé aux acquisitions dans le secteur des nouvelles technologies dans les pays émergents ( j’aime cette expression car chacun peut y mettre l’acception souhaitée). L'entreprise de « conseil stratégique et de marketing opérationnel » se transforme alors peu à peu en « spécialiste du développement industriel ». En 3 ans, elle a procédé à 17 acquisitions.
En particulier, BKF dirigée depuis 1995 par Louis Petiet a acheté coup sur coup : Isotherma (maintenance industrielle) , Spiral (sous-traitant aéronautique et automobile), deux branches de DMC, et, dernièrement, c’est Heuliez qui est tombé dans l’escarcelle du repreneur avec un plan prévoyant la reprise de "600 salariés"
( actuellement 1.000 salariés à Cerizay -Deux-Sèvres-).
BKF est devenu entrepreneur en série.
Et il n'entend pas en rester là. Outre les dossiers déjà cités, Louis Petiet convoite ainsi les chantiers navals de luxe de Guy Gouach. Au journal le Monde, il confiait en janvier dernier vouloir poursuivre son expansion en entrant cette année dans 3 nouveaux métiers. Et annonçait vouloir investir le marché des matières premières, notamment en Afrique...
C’est la reprise d’Heuliez qui est, jusqu’alors, le coup le plus important et une "belle victoire", selon Ségolène Royal, qui ajoute "C'est la démonstration qu'avec du courage, de l'obstination, du travail, des solutions existent et qu'un autre modèleéconomique est possible, c'est un message d'espoir pour toutes les entreprises françaises qui sont imaginatives »
Elle a encore expliqué que la région, "visionnaire", selon elle, "garantissait la moitié des emprunts qui sont faits par le repreneur",
Ségolène va peut être un peu
vite dans l’enthousiasme. Je crains pour
la région « visionnaire » et le
nouveau modèle économique !
Car BKF, selon d’autres entreprises qui ont rejeté ses offres, est jugé « comme un repreneur sans projet industriel et accusé de faire miroiter des millions ». Décidément, est on assuré que Nanard ne conseille pas BKF !
Certes ce nouvel empire « industriel » profite des conseils en management de ses consultants :Structure low cost, diminution du salaire des dirigeants, compression des charges (loyers), gestion décentralisée et recherche des niches à valeur ajoutée et mondialisables.
Ah bon ! c’est tout.
Je croyais, naïvement, que ces règles étaient le B. A. BA du management stratégique. Si elles suffisaient, je crée mon entreprise tout de suite.
Il faut, sans doute, chercher plus loin.
Regardons du côté du financement. En la matière, le PDG est peu disert.
Il existait, semble-t-il, un matelas issu du cash flow de l’entreprise de consulting …« le conseil est une activité génératrice de cash-flow ». Un peu court au regard des besoins en trésorerie pour boucler tous ces rachats.
BKF ajoute, alors, qu’il trouve les compléments en s'associant à des investisseurs minoritaires ou à des entreprises de pays émergents ( encore !). Pour racheter DMC, la firme s'est ainsi alliée à un pakistanais. Sur le dossier Heuliez, elle s’est associé avec un fonds du Qatar et le constructeur automobile chinois, Chery.
Ben voilà ! Tout est donc normal, classique…le capitalisme financier mondialisé …
Si le dirigeant de BKF ( conseiller général UMP de l'Eure, maire de Verneuil , disposant d’appuis politiques importants , notamment Jean-Pierre Raffarin) est convaincu de la compétitivité de l'industrie française, je suis, pour ma part, interrogatif devant cette success story qui vient de nulle part.
J’ai encore en travers de la gorge l’indemnité que j’ai payée à Nanard et on dit que l’histoire est un éternel recommencement.
J’espère (pour l’économie française et les salariés d’Heuliez) que Ségolène ne va pas au devant de futures excuses…
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« Plus faibles sont les risques, meilleure est l’entreprise »
Mary mailto et Sophocle (Extrait de Philoctète)