En effet, dans « reprise en W ou en tôle ondulée » il y a, d’abord,  le mot « reprise » qui, en terme de couture signifie qu’il y a un trou à boucher ; trou plus ou moins important et qui aura une tendance naturelle à s’élargir avec l’usure du temps. La phrase contient également   les mots «  tôle ondulée » qui veulent  dire qu’il y a certaines personnes en haut de la tôle  et ceux qui l’ont prise dans la figure et qui sont plus bas que terre.

Le paradoxe étant que les « goinfres du  haut » sont les mêmes  qui ont provoqué l’avalanche vers le bas et qui veulent, aujourd’hui, continuer à creuser le trou  pour mieux prospérer  sur leurs  cimes arrogantes.

 

D’un côté, qu’il y ait crise ou non, il y a encore et toujours des profits, des distributions de bonus, moins importants mais significatifs néanmoins ; j’entends d’ailleurs dire que si les bonus sont , un peu, encadrés, on trouvera d’autres solutions pour ne pas perdre ces irremplaçables traders qui jouent avec nos sous.

Ces fameux bonus pointés du doigt, montrés  à la vindicte populaire ne doivent pas  masquer que le vrai problème n’est pas là. Il ne s’agit que d’une facilité de sanction démago pour faire oublier là où il faudrait agir, à savoir, les transactions financières ; au moins celles qui par leur quantité révèlent une spéculation évidente ou encore celles qui portent sur les matières de base, les cultures vivrières.

Dans ce registre, il faut, évidemment, ajouter les « grandes entreprises du CAC » dont les VRP ne sont rien moins que Président Sarko et Sherpa Fillon.

 

Vers le bas, il y a tous ceux qui voient, du jour au lendemain,  se fermer la porte de leur lieu de travail, ceux qui doivent se délocaliser en Hongrie pour des clopinettes et à condition de parler  le hongrois, ceux qui devraient hausser leur niveau de jeu – comme on dit en foot- pour se reconvertir et passer de chaudronnier à cadre financier, ceux qui ont épuisé leurs indemnités Assedic. Récemment, on pouvait lire que la France était en fragilité psychologique ( lire l’analyse lucide du médiateur JP Delevoye) ; normal, avec 15  millions de français en situation précaire.

Vers le bas, il y a tous les petits patrons de PME/TPE (à ne surtout pas confondre avec les nababs du CAC) qui ont hypothéqué leur maison et dont le principal boulot est d’alimenter leur trésorerie ( on n’entend plus parler du médiateur bancaire !…) afin de surnager et de pas licencier des gens qui, pour eux,  ne sont pas que des numéros et des dossiers. Il y a encore le monde paysan pour qui la réalité s’écrit

«  Adieu, veaux, vaches, cochons… ».

 

Vers le bas, il y a, aussi,  les états, c'est-à-dire,  encore nous tous.

 Islande, Grèce, puis pays de l’Europe de l’est,  éventuellement Espagne, Italie,  …et France un jour ou l’autre. Tous ces états  sont plus ou moins dans le rouge et notre bas de laine se détricote un peu plus chaque année.

La BCE ne pouvant intervenir directement, ces états  doivent emprunter dans les circuits bancaires des sommes …en fait ces sommes virtuelles  qu’elles avaient auparavant  prêtées  aux banques pour leur permettre de se sauver et de continuer à spéculer. Certes, je caricature, mais, à peine. Si cette économie financière « en boucle » qui ne repose en aucune façon sur l’économie réelle n’est pas une nouvelle bulle  prête à éclater, je relis les œuvres complètes de  Smith, Keynes, Schumpeter et Botul!

Et on continue à nous dire que l’on n’augmentera pas les impôts ! Allez « vous faire voir » chez les Grecs  et vous pourrez imaginer votre vie en 2012 ( après les élections, bien sûr). Non, la hausse du PIB ne sera pas suffisante pour combler nos dettes. Non, la nécessaire remise en cause des circuits administratifs et institutionnels des différentes collectivités territoriales ne sera pas suffisante ; le nombre de  fonctionnaires a continué à augmenter en 2009. Non, le Grand Emprunt ne relancera pas suffisamment la mécanique économique ; à ce propos, que vient faire cette dépense d’1 million de pub pour vanter au grand public un emprunt auquel il ne peut souscrire ? sans doute, cette pub sert-elle à soutenir un ami « en haut » ?.

Les impôts n’augmenteront peut être pas, mais on continuera à inventer des taxes et prélèvements divers.

 

Résumons- nous : ce n’est plus une fracture sociale, ce sont 2 mondes parallèles. La classe moyenne à force d’être tondue, est en cours de disparition ; il subsiste une classe aisée – les anciens nobles- qui détient les pouvoirs de sa propre réussite et une classe qui vivote ou qui survit pour une partie d’entre elle.

Combien de temps cela va pouvoir durer ?

 

Je suis populiste ? Oui, et alors !

Serait il préférable de lire et de mettre en application «  l’insurrection qui vient » ? ce pamphlet écrit par le Comité invisible ( dont julien Coupat ?) qui, après avoir fait paniquer Fox News est devenu un best seller aux USA.

Si sa lecture vous intéresse ( en ligne ici) mais, sachez qu’il est jugé « très dangereux ». Garde à vue envisageable.

En voici quelques lignes pour vous faire une opinion:  « Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. A ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Le futur n’a plus d’avenir….

Travailler se rattache moins à la nécessité économique de produire des marchandises qu’à la nécessité politique de produire des producteurs et des consommateurs ».

J’ai choisi les phrases les plus anodines.

 

Pour le moment, je vais encore espérer « au vivre ensemble » de JP Delevoye.

 


 

 

 

« Parfois, insurrection, c’est résurrection »

Mary Mailto et Victor Hugo  ( Les Misérables)