On savait que le climat  au Saint Siège n’était pas à la zénitude. Dèsavril 2009, Gian Maria Vian, le rédacteur en chef de L’Osservatore Romano publiait un éditorial assez singulier :« La clarté de l’analyse du pape n’élude pas les questions ouvertes ou difficiles, comme la nécessité d’une attention et d’une communication mieux préparée et au bon moment dans un contexte global où l’information omniprésente et surabondante est continuellement à la merci des manipulations et des instrumentalisations, au nombre desquelles les dites fuites d’information qu’il faut se forcer à ne pas qualifier de misérables. Y compris de l’intérieur de la Curie romaine, un organisme historiquement collégial et qui, dans l’Église, a le devoir d’être exemplaire ».

Il semble bien que ce conseil n’ait pas été suivi d’effet et qu’aujourd’hui, il faille plutôt parler d’incurie romaine.

Lors de la célébration de la Passion du Christ à la basilique Saint-Pierre le père franciscain Raniero Cantalamessa, qui porte le titre de prédicateur de la maison pontificale a fait scandale en  dressant un parallèle entre les attaques (la curée concernant la pédophilie dissimulée) contre le Vatican et l'antisémitisme.

Plus récemment, le cardinal Tarcisio Bertone, bras-droit du pape Benoît XVI, associait  pédophilie et homophobie.

Pour justifier l’injustifiable et maintenir le célibat des prêtres, « car la chasteté est un don de Dieu » selon Benoît XVI, la communication vaticane va bientôt amalgamer pédophilie, homophobie, sida, avortement…  L’inquisition ? c’est pour quand ?


 

Tartarin

 Dieu soit loué (si j’ose dire) Raffarin est venu, en toute bonne foi,  au secours de la communauté chrétienne.

Lors d’un Grand Journal récent de Canal+, après nous avoir fait un ridicule play back de tambouromane, il a courtoisement mais sévèrement remis à sa place (c'est-à-dire la météo) Pauline Lefebvre qui avait cru faire de l’humour à propos de la malheureuse sortie du cardinal (voir plus haut).

Il faut dire que Tartarin-Raffarin est depuis toujours un prosélyte de sa religion et qu’il n’hésite pas à mélanger, dans notre république si laïque,  public et religieux.

« Je ne fais pas état de ma religion, mais est-ce que je dois la cacher ? »


Charon, Dati, Carlita  and Co…du clapotis au tsunami.

 En matière de communication, l’incurie devient communicative.

Ce qui n’était qu’un feuilleton dérisoire s’est transformé en affaire d’Etat grâce à nos communicants et notamment au bouffon présidentiel :  Pierre Charon.

Celui-ci collectionne les gaffes et s’est déjà fait débarquer par Chirac pour cause de colportage  de ragot.

 

Chirac : "Monsieur Charon, j'aimerais que vous me raccompagniez à l'Hôtel de Ville".

Charon : "Mais bien sûr, Monsieur le Maire".

Les deux hommes montent dans la voiture officielle du maire.

Chirac : "Monsieur Charon, j'aimerais que vous me rendiez un service."

Charon : "Mais bien sûr, Monsieur le Maire."

Chirac : "J'aimerais que vous cessiez de dire partout que ma fille Claude couche avec tout Paris".

Et Chirac de ponctuer en tapant sur l'épaule du chauffeur : "Monsieur Charon va descendre au prochain feu rouge".

Démentis, menaces, complot, vengeance, sécurité de l’état, c’est tout l’appareil des amis de Président Sarko ( la Firme, comme ils disent ) qui s’est mis en branle, a carillonné à tout va et la déferlante communicante a « coincé dans l’ascenseur les français et Président Sarko » comme le titre un journal allemand. C’est que si les français attachent peu d’importance aux affaires de c..oeur, ils ne peuvent que s’inquiéter de la tournure des événements :

-        La sur-réactivité de Président Sarko face à une carabistouille familiale laisse rêveur quant à sa capacité d’analyse objective à l’égard des grands problèmes de notre société. On voudrait croire Carlita qui susurre sur Europe1 « Mon mari n'a qu'une préoccupation : s'occuper des Français et de la France, qui travers une crise difficile." Mais comme le note la Libre Belgique « comment les Français pourraient-ils encore faire confiance à leur président de la République ? »

-        Remettre en question tout son « gouvernement de conseillers » pour un clapotis apporte des doutes sur la capacité et les compétences de ces conseillers  qui, de fait, gèrent la France en ces temps difficiles.

-        En matière sexuelle, préférer Jouanno (puisque le nom a été avancé), spécialiste du karaté kata, c’est dire, experte en simulation, est une évidente faute de jugement !


 Ne Mélenchon pas tout.

 Le camarade Mélenchon a bien compris que toute cette fange informative était l’œuvre des journalistes qu’il qualifie de « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ».

Lui aussi perd les pédales et son sang froid ; au lieu de reconnaître qu’il a proféré quelques bêtises, il s’enferme dans des justifications oiseuses peu en rapport avec le statut d’homme politique responsable.

 

Le ridicule ne tue pas ?

 Quel contraste entre Villepin discourant à l’ONU et Villepin descendant d’un tracteur ou caressant le cul des vaches !

La communication à contre emploi le tuera bien plus sûrement que le croc de boucher de président Sarko.

Comment un homme public peut il accepter de telles pantalonnades au nom d’une soit disant communication susceptible d’apporter quelques voix ?

 

Toutes ces cloches communicatrices ne sonnent plus que le glas ou le tocsin et me donnent le bourdon !

 

 

 

 

« Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises.

Mais, dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. »

Mary Mailto, Aurélien Scholl et jacques Prévert.