Toutes voiles dehors
Par Mary Mailto le mercredi 28 avril 2010, 09:38 - Une société durable? - Lien permanent
Une femme au volant, c’est déjà dangereux ; alors, vous imaginez ce qu’a pu coûter une femme voilée au volant ! D’une part, elle a écopé ( Jean-François, bien sûr) d’une amende. Puis elle va provoquer la perte des alloc et, peut être, de la nationalité pour cause de tri ou quattro-gamies.
Cette histoire, apparemment connue des autorités locales qui n’avaient pas bougé jusque là, tombe « trop bien à pic » au regard de la nouvelle doctrine présidentielle concernant les voilages.
Ainsi, donc, la loi sera mieux acceptée, votée, à défaut d’être appliquée.
Avant que la loi n’interdise le port du voile intégral en tous lieux, il faut se dépêcher d’en profiter. Comment ? En la matière comme en beaucoup d’autres, il faut se tourner vers les artistes ; ce sont eux, avec leur talent, leur humour et émotion qui utilisent le mieux le voile comme élément politique mais aussi plastique.
Vous avez, sans doute, déjà vu le défilé de mode fondamentaliste diffusé par une chaîne anglaise ( voir ici) mais, qui a eu le temps d’apercevoir, avant effacement, la fresque de l'artiste britannique Nick Walker ? cette fresque intitulée Corancan, représentait six femmes voilées en train de danser le french cancan( voir ici)
Dans le même temps, Majida Khattari a conçu un voile intitulé Le Louvre Abou Dhabi. Côté pile, un voile blanc, côté face, une reproduction des odalisques de Delacroix. Mélange de culture arabe et d’art occidental.
Récemment, à la Cité Universitaire internationale, dans son défilé de mode intitulé VIP (pour Voile Islamique Parisien"), elle joue avec les clichés, elle provoque :
"Plus que la question du voile, les vrais problèmes sont ceux de l'éducation à la fois de certains jeunes musulmans et des non-musulmans qui ignorent tout de la culture de l'autre.."
Majida Khattari utilise également l'érotisation que
constituent l'interdit et le dissimulé. Et elle ose énormément. Pour
l'exposition "Sexy Souks", présentée en 2007 à Paris, sa burqa révélait des
strings achetés dans des pays du Moyen-Orient. Elle persiste dans cette nouvelle
performance et découpe en lanières la burqa pour laisser le corps quasiment
nu. ( voir ici)
Quant à Héla Fattoumi , elle a travaillé sur les plis
du voile pour en extraire une vision ambivalente : madone de dos, femme voilée
de face, statuaire grecque d'un côté, odalisque orientale de l'autre. De
"culture arabo-musulmane", elle revisite son histoire personnelle dans
son solo de danse Manta ( voir ici)) ; elle y revêt une burqa (
uniquement en scène) couleur chair pour comprendre : « je l’ai ( burqa)
vécue comme un enfermement. Elle empêche tout mouvement, toute
respiration même, implique un rythme plus lent qui sépare de celui de la
société. La force du regard en revanche est multipliée."
A Londres, Layla Rosa, née de père saoudien qu’elle n’a pas connu, a eu besoin de "se réapproprier un héritage perdu". Pour son duo féminin What if..., ( voir ici) elle a croisé des témoignages de femmes musulmanes, d'ouvriers et d'artistes. " Est-ce que je devrais porter le voile ou aurais-je choisi de le porter ? C'est pour répondre à ces questions que j'ai fait ma pièce."
Enfin, sait-on que les Monologues du vagin sont devenus les « monologues voilés » ? En 2004, Adelheid Roosen a trouvé la pièce initiale "trop blanche, trop occidentale". Elle a, alors, fait parler des musulmanes de leur rapport au sexe. Ces témoignages ont formé la trame de ses Monologues voilés. La pièce a connu deux ans de succès aux Pays-Bas, puis aux Etats-Unis et en Turquie.
En définitive, voyant comment les artistes s’emparent de la burqa, il ne serait pas mauvais qu’ils songent également à lever d’autres voiles tels que :
- les ventes d’armes et les commissions qu’elles génèrent
- les spéculations financières contre les états
- la vérité sur les conséquences des déficits publics
- etc…etc…tout débat que l’on cherche à nous dissimuler sous celui de la burqa !
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« Un artiste , en créant un monde neuf, sauve à la fois, lui-même et les autres. »
Mary mailto et André Maurois (Extrait de Ce que je crois)
Commentaires
Salut. Oui bien sûr, il s'agit d'agiter les sentiments anti-musulmans pour retrouver les électeurs du Front National deux ans avant l'échéance présidentielle. Mais il est difficile de trancher dans ce débat. On voit bien d'un côté le calcul politique. Mais on sait aussi que la partie la plus extrémiste des islamistes se sert de la burka comme un moyen de contrôler d'un seul regard que la loi islamique s'installe dans un secteur donné. Il devient ensuite bien difficile pour une femme d'exprimer un choix personnel contraire en sortant sans burka
dans ce secteur. Je fais une proposition: Que le gouvernement français, si soucieux de la dignité des femmes, s'engage à délivrer des visas et des titres de séjour à toutes les femmes des pays musulmans qui se réfugieraient à l'ambassede de France pour fuir le port obligatoire de la burka dans leur famille ou dans leur pays.