Vous avez, sans doute, déjà vu le défilé de mode fondamentaliste diffusé par une chaîne anglaise ( voir ici) mais, qui a eu le temps d’apercevoir, avant effacement, la fresque de l'artiste britannique Nick Walker ? cette fresque intitulée Corancan, représentait six femmes voilées en train de danser le french cancan( voir ici)

Dans le même temps, Majida Khattari a conçu un voile intitulé Le Louvre Abou Dhabi. Côté pile, un voile blanc, côté face, une reproduction des odalisques de Delacroix. Mélange de culture arabe et d’art occidental.

Récemment, à la Cité Universitaire internationale, dans son défilé de mode intitulé VIP (pour Voile Islamique Parisien"), elle joue avec les clichés, elle provoque :

 

"Plus que la question du voile, les vrais problèmes sont ceux de l'éducation à la fois de certains jeunes musulmans et des non-musulmans qui ignorent tout de la culture de l'autre.."

Majida Khattari utilise également l'érotisation que constituent l'interdit et le dissimulé. Et elle ose énormément. Pour l'exposition "Sexy Souks", présentée en 2007  à Paris, sa burqa révélait des strings achetés dans des pays du Moyen-Orient. Elle persiste dans cette nouvelle performance et découpe en lanières la burqa pour laisser le corps quasiment nu. ( voir ici)

Quant à Héla Fattoumi , elle a travaillé sur les plis du voile pour en extraire une vision ambivalente : madone de dos, femme voilée de face, statuaire grecque d'un côté, odalisque orientale de l'autre. De "culture arabo-musulmane", elle revisite  son histoire personnelle dans son solo de danse Manta  ( voir ici)) ; elle y revêt une burqa ( uniquement en scène) couleur chair pour comprendre :

« je l’ai ( burqa) vécue  comme un enfermement. Elle empêche tout mouvement, toute respiration même, implique un rythme plus lent qui sépare de celui de la société. La force du regard en revanche est multipliée."

A Londres, Layla Rosa, née de père saoudien qu’elle n’a pas connu,  a eu besoin de "se réapproprier un héritage perdu".  Pour son duo féminin What if..., ( voir ici) elle a croisé des témoignages de femmes musulmanes, d'ouvriers et d'artistes. " Est-ce que je devrais porter le voile ou aurais-je choisi de le porter ? C'est pour répondre à ces questions que j'ai fait ma pièce."

Enfin, sait-on que les Monologues du vagin  sont devenus les « monologues voilés » ? En 2004, Adelheid  Roosen a trouvé  la pièce initiale "trop blanche, trop occidentale". Elle a, alors,  fait parler des musulmanes de leur rapport au sexe. Ces témoignages ont formé  la trame de ses Monologues voilés. La pièce a connu deux ans de succès aux Pays-Bas, puis aux Etats-Unis et en Turquie.

 

En définitive, voyant comment les artistes s’emparent de la burqa, il ne serait pas mauvais qu’ils songent également à  lever d’autres  voiles tels que :

-        les ventes d’armes et les commissions qu’elles génèrent

-        les spéculations financières contre les états

-        la vérité sur les conséquences des déficits publics

-        etc…etc…tout débat que l’on cherche à nous dissimuler  sous celui de la burqa !

 



« Un artiste , en créant un monde neuf, sauve à la fois, lui-même et les autres. »

Mary mailto et André Maurois (Extrait de Ce que je crois)