Je m’arsouille ou je révolutionne ?
Par Mary Mailto le mardi 18 mai 2010, 10:22 - L'incertitude du doute - Lien permanent
Plus je m’informe et moins je comprends.
Plus je m’informe et plus je doute de tout.
Plus je m’informe et plus je déprime.
J’en viens à douter de l’espoir.
La crise fut financière en raison des appétits privés. Les états ont volé au secours de la caste financière qui, de fait, contrôle nos politiciens. La crise est devenue économique et l’état a soutenu les grandes entreprises. Des milliards virtuels ont miraculeusement circulé, surtout dans les processus spéculatifs. Et les évaluateurs privés ont ensuite dit que les états étaient en faillite. Et les états ont dû emprunter au privé l’argent virtuel qu’il leur avait prêté. Et…Et…
Et il faut bien finir par ce que tout le monde savait et craignait : la rigueur pour …presque tous.
Qui a dit, il n’y a pas si longtemps, « je serai l’homme du pouvoir d’achat » ? Il avait raison, mais pas dans le sens où on l’avait compris.
Certains économistes ( qui l’est véritablement de nos jours ? , les météorogues courent moins de risque dans leurs prévisions) précisent que la baisse du pouvoir d’achat pourrait être de 20% dans les prochaines années.
Les perspectives sont, donc : moins de consommation, moins de production, moins de service public, moins de service social….
Adieu veaux, vaches, cochons… Vive Malthus !
L’espoir broie du noir.
Dans le même temps, BP arrose de son pétrole le Golfe du Mexique parce que le principe de précaution ( si répandu, par ailleurs) n’a pas fait le poids devant le bénéfice journalier des investisseurs. Et BP ne voudra pas payer. Et on découvre la collusion entre la Commission chargée de donner l’accord pour les forages avec les pétroliers.
BP, Total, les pétroliers, les bitumiers, les déforestiers… même stratégie d’opulence dévastatrice.
L’espoir et ma planète sont bien mal en point.
L’Euro s’effondre ( il paraît que c’est bon pour les exportations ….sachant que la France exporte surtout en Europe !). Il a fallu travailler plus pour gagner moins…il faudra travailler plus pour que les retraites ne baissent pas trop….mais, il n’y a plus de travail.
Vivre d’espoir fait mourir à jeun.
Dans le même temps, on expulse des géorgiens en oubliant un enfant de 2 ans. On expulse une jeune Kosovar tétraplégique. Des hommes sont morts à Karachi vraisemblablement pour des pots de vin non versés. Les entraîneurs de foot passent la main aux entraîneuses. Même les « Miss France se crêpent le chignon.
L’espoir fait vivre ?
Et l’on voudrait que les jeunes générations gardent le moral.
Et l’on voudrait que les jeunes n’aient pas le bourdon.
Et l’on voudrait que les jeunes pensent que le futur a encore de l’avenir.
Et l’on voudrait que ces générations écoutent les dirigeants, les politiques, les scientifiques en tout, les experts en rien, la minorité qui décide.
Bien sûr que les jeunes, les désabusés ne votent plus. Qui leur en donne l’envie ?
Bien sûr qu’après les rêves-parties, ils s’oublient dans des picolades idiotes mais qui permettent de s’abstraire du réel et, peut être, de croire en une solidarité de groupe, fût elle mortifère.
La beuverie est vécue comme apothéose collective ; je crains qu’il n’y ait qu’une seule autre solution pour atteindre le même résultat : le conflit, la bagarre, le combat, la guerre.
Déjà la plupart des mouvements de foule contient une violence qui ne demande qu’à s’exprimer.
A côté de mon faible espoir a germé une immense crainte : Après avoir gémi « Aux larmes, citoyen », n’allons nous pas re-chanter « Aux armes, citoyen » ?.
Car installer définitivement le chaos et la seule porte de sortie connue jusqu’alors pour rebâtir une société.
Car toute société contient une violence qui ne peut être éternellement canalisée.
Faut- il, donc, pour vivre heureux, fermer les écoutilles, visionner en boucle camping ou les ch’tis, n’écouter que Drucker ( le père) ,ne lire que Musso ou Lévy ? et laisser passer le monde tant que çà va encore…et s’arsouiller quand çà va moins bien….
Ou peut-on penser que l’on puisse encore transformer notre société avant qu’il ne soit trop tard? Facebook et autres réseaux dits sociaux ( !) qui ont beaucoup fait pour relancer la consommation…alcoolique peuvent aussi servir aux échanges d’idées, aux solidarités actives et au lobbying de ce citoyen inconnu qu’on appelle « Opinion Publique».
Après tout, au fond de la boîte de Pandore, il y avait…l’Espérance.
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« Le doute est un hommage rendu à l’espoir »
Mary Mailto et Lautréamont (Extrait de Les Chants de Maldoror)